Vers un Projet Educatif Territorial en milieu rural (?) 2

Episode 2 / Conseil d’école extraordinaire

Le 24 janvier 2013, a eu lieu dans mon école de rattachement un Conseil d’école extraordinaire avec pour thème central la « réforme des rythmes scolaires ». Treize personnes étaient présentes : quatre parents d’élèves, la présidente et la coordinatrice de la commission enfance-jeunesse de la Communauté de communes, deux membres du conseil municipal, une ATSEM et quatre enseignants.

Voici les remarques et les questions que nous avons soulevées lors de ce Conseil, à partir des informations dont nous disposions alors.

1. La présidente de la commission enfance-jeunesse de la nouvelle Communauté de Communes invite les élus, enseignants et parents d’élèves à une réunion sur la mise en place des nouveaux rythmes scolaires le 30 janvier à 10 h 00. Un parent d’élève demande que l’heure de ces réunions soient décalées (en fin de journée  afin que les parents qui travaillent puissent s’y rendre).

2. Est-il possible que les différentes écoles du territoire ne démarrent pas la réforme à la même date ? La réponse est oui. D’ailleurs, le Conseil d’école d’une des communes du territoire est favorable à une mise en place de la réforme à la rentrée 2013. Il serait bien qu’il y ait une harmonisation entre les différentes écoles pour faciliter notamment la mise en place de l’ALSH. Si l’école qui accueille le centre aéré les mercredis à classe le mercredi matin l’an prochain, cela va être compliqué de mettre en place un centre aéré. Il faut aussi prendre en compte les ramassages. Si c’est la Communauté de communes qui a la compétence pour prendre en charge les enfants sur le temps périscolaire, il semble indispensable que toutes les communes prennent une décision « commune » (!)  S’il y a une validation par le DASEN, il se peut que celui-ci demande une harmonisation sur un territoire.

3. Quelles sont les arguments avancés par ce Conseil d’école ? Réponse : l’aide financière accordée par l’Etat, le fait que de toute façon, cette réforme il faudra la faire, faisons donc partie des précurseurs.

4. Financement : « Toutes les communes ayant décidé de mettre en œuvre les nouveaux rythmes scolaires à la rentrée 2013 se verront allouer une dotation forfaitaire de 50 euros par élève. Les communes éligibles à la dotation de solidarité urbaine (DSU) cible ou à la dotation de solidarité rurale (DSR) cible se verront allouer 40 euros supplémentaires par élève, soit 90 euros par élève au total pour l’année scolaire 2013-2014. Elles bénéficieront à nouveau du fond l’année suivante, à hauteur de 45 euros par élève. Parmi les communes ayant choisi de reporter l’application de la réforme à la rentrée 2014, seules celles éligibles à la DSU cible ou à la DSR cible toucheront ces 45 euros par élève. »

5. Le Conseil d’école doit se prononcer pour savoir si notre école applique la réforme des rythmes scolaires à la rentrée 2013 ou bien à la rentrée 2014. Le Conseil des maîtres est favorable à un report à la rentrée 2014 afin de prendre le temps de réfléchir à sa mise en place.

6. L’Association des Maires de France (AMF) demande le report en 2014 pour toutes les écoles, dans l’intérêt de l’enfant. Le Conseil Municipal n’a pas pris de décision (prochain conseil le 28 janvier.)

7. Très peu de parents semblent favorables à la scolarisation de leur(s) enfant(s) le mercredi matin bien qu’il soit souvent difficile de trouver un moyen de garde le mercredi. La semaine des 4 jours est préférée. Le matin, les enfants se demandent si c’est un jour où ils peuvent dormir ou pas.

8. Faire finir les cours ¾ d’heure plus tôt chaque jour semble ridicule. Se pose alors la question de la prise en charge des enfants pendant ces ¾ : Par qui ? Avec quel financement ?

9. Comment peut-on améliorer la vie des enfants tant qu’ils auront des journées plus longues que leurs parents ?

10. Il faut aussi prendre en compte les familles (parents, grands-parents) qui peuvent prendre en charge les enfants hors des temps scolaires.

11. Il est important qu’il y ait un diagnostic de fait et une concertation mise en place entre les différents bassins d’école.

12. Il faut s’assurer que le personnel qui prendra en charge les enfants soit formé et bien formé à cela. La formation dépendra de la structure à laquelle sera confié la charge des activités complémentaires : communes ? Communauté de communes ? Il est possible de former des employés municipaux comme d’autres l’ont déjà été (BAFA, BAFD) pour encadrer les enfants. Les taux d’encadrement vont être revus afin de baisser les coûts des activités périscolaires (le projet de décret prévoit d’abaisser ces taux à un animateur pour 14 enfants pour les moins de 6 ans, et à un animateur pour 18 enfants pour les plus de 6 ans. Les taux définis actuellement prévoient la présence d’un animateur pour 10 enfants pour les moins de 6 ans, et d’un animateur pour 14 enfants pour les plus de 6 ans.) Quelle que soit  la structure, il va falloir recruter du personnel car le nombre d’enfants à encadrer les jours de classe sera plus important que le nombre d’enfants accueillis actuellement au centre aéré le mercredi. Il serait bien qu’il y ait une harmonisation sur les taux d’encadrement des enfants entre l’Education Nationale et l’animation.

13. Les 36 heures prévues d’Activités Pédagogiques Complémentaires (APC) seront effectuées par qui exactement : Les enseignants seuls ? Les enseignants et des animateurs ? Une fois de plus, ce sont les enfants en difficulté qui auront des heures en plus et donc une surcharge de travail scolaire, alors que ce sont ceux-là qui auraient le plus besoin de souffler. L’aide personnalisée, devrait être apportée dans la classe.

14. Les décisions, au lieu d’être prises par le Conseil d’école, pourraient-être prises au niveau de Projet Educatif Territorial, structure plus grande, mais qui va le piloter ?

15. Pourquoi ne pourrait-on pas la refuser cette réforme si elle ne nous semble pas juste ? Pourquoi n’y a-t-il pas un mouvement de grève massif ?

16. Les enseignants auraient aimé un projet plus ambitieux, avec plus de latitude car avec ce projet qu’on habite Paris, la campagne, qu’on soit en maternelle ou en CM2, on a le même cadre. De plus, le Conseil d’école perd de sa liberté avec au final un même projet partout en France.

17. Pourquoi on n’a pas touché aux vacances d’été, alors que certains parents ont tant de mal à faire garder leurs enfants pendant 2 mois ?

18. On veut s’aligner sur ce qui se fait en Finlande ou ailleurs, mais, quand, à la télé, on nous montre des reportages sur les écoles formidables dans les pays qui ont des bons résultats aux tests PISA, à chaque fois, il y a très peu d’élèves par classe et parfois deux enseignants. Cela n’a rien à voir avec les écoles françaises.

19. La France est le pays qui a le moins de jours de classe par an, le plus d’heures de classe dans l’année et les programmes les plus chargés. Pourquoi ne pas avoir réduit le nombre d’heures de cours par semaine ? Pourquoi ne pas avoir allégé les programmes ? Pourquoi les enfants de maternelle ont-ils le même nombre d’heures que les plus grands ? A 3, 7 ou 10 ans, les élèves ne devraient pas avoir le même nombre d’heures de cours. Il faudrait tout remettre sur la table, les crèches avec. La mise en place d’un tel projet demanderait beaucoup de temps.

20. Et si nous imaginions localement un projet qui prenne tout cela en compte, ne risque-t-on pas de se voir dire : « Ah mais non, votre projet est trop ambitieux, vous sortez du cadre, votre projet désorganiserait tous les autres. » et que toute l’énergie soit perdue ? Il faudrait être sûr que la mise en place d’un tel projet innovant soit possible.

21. La date de mise en place est bien septembre 2013 et il faut demander un report de l’application de la réforme pour attendre 2014. La demi-journée en plus officielle est le mercredi et il faut demander une dérogation pour le samedi. Peut-être que si une très grande majorité des communes demande une dérogation pour 2014 ça va faire réfléchir le gouvernement et faire bouger les choses. Il faudrait pouvoir reporter sur la forme pour avoir un meilleur projet sur le fond. La mise en place des Projets Educatifs de Territoire va demander du temps : recrutement du personnel, organisation des structures, sans oublier l’impact budgétaire que ce soit pour la commune ou l’intercommunalité.

22. Il ne faut pas oublier les associations. Il faut prendre en compte les intervenants de certaines MJC qui viennent de très loin et qui, pour avoir moins de frais, regroupent toutes leurs interventions sur la journée du mercredi. Si c’est étalé sur plusieurs jours, plus personnes ne voudra se déplacer. En milieu rural, nous n’avons pas grand-chose, les déplacements sont longs et coûtent chers. Il ne faudra pas compter que sur le bénévolat des membres des associations.

23. Il faut apporter des informations aux parents pour qu’ils puissent donner leur avis et s’impliquer dans la construction d’un projet local.

24. Les contrats de territoire, de la nouvelle Communauté de communes, avec la CAF et la MSA, doivent être renouvelés cette année, et ne pourront plus être changés jusqu’en 2016. Il faut donc que le conseil communautaire et la commission enfance-jeunesse définissent les choix de développement pour l’ensemble des actions enfance-jeunesse des quatre années à venir du nouveau territoire et ce avant la fin du premier trimestre 2013. Ces choix seront ensuite figés : il n’y aura pas d’avenant quelle que soient la réorganisation des temps scolaires. Pour savoir quels sont les besoins des familles sur le nouveau territoire, un questionnaire va être distribué à toutes les familles qui ont des enfants de 0 à 18 ans. Pour l’instant les animations périscolaires n’accueillent pas les enfants de 3 à 6 ans, mais il y a de la demande. C’est un exemple de nouveau contrat avec la CAF et la MSA. Il faut prévoir le volume horaire pour les activités périscolaires, pas la répartition par journée. Par exemple, si nous décidions d’allonger la pause méridienne, il vaudrait mieux que ce soit l’ALAE qui le prenne en charge plutôt qu’une simple garderie. Les maternelles font la sieste après manger, ils ne seraient pas pris en charge par l’ALAE à ce moment-là mais en fin de journée tandis que les plus grands auraient des activités pendant ces deux temps. Il faut donc savoir de combien d’heures nous avons besoin : Le matin ? À la pause méridienne ? Le soir ?

25. Est-ce qu’il ne pourrait pas y avoir d’autres activités que l’ALAE ? Des activités sportives ou culturelles ? Mais qui va les financer ? Dans cette éventualité, il faudrait s’accorder avec l’ALAE.

26. Plus nous serons cohérents sur notre territoire, plus nous seront suivis.

Episode 1

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2 commentaires pour Vers un Projet Educatif Territorial en milieu rural (?) 2

  1. Ping : Vers un Projet Educatif Territorial en milieu rural (?) 1 | La classe coopérative d'Aude Corbières

  2. didier bazy dit :

    A reblogué ceci sur rhizomiques.

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